Tout commence par un fait divers réel : lors d’un voyage scolaire, une adolescente poste sur les réseaux sociaux un selfie pris devant Auschwitz et enflamme la Toile. Très vite, elle devient la prisonnière virtuelle d’un harcèlement numérique cruel. A-t-elle accompli son devoir de mémoire ou au contraire a-t-elle sali le passé ?
Dans un dispositif bi-frontal, le metteur en scène Laurent Crovella plonge le public au cœur de cette histoire, opposant deux mondes. D’un côté les anciens, qui regardent défiler le paysage, et de l’autre les jeunes, prompts à l’immortaliser, avec leurs smartphones au risque de déclencher des polémiques qui leur échappent. Grâce à une dramaturgie jouant de l’immédiateté d’internet, l’auteur Sylvain Levey démonte le mécanisme de l’emballement virtuel, qui confine au harcèlement. Sans jamais poser un regard inquisiteur sur la jeunesse, née à l’ère numérique, il nous questionne sur un monde où se confrontent sans cesse le réel et le virtuel. Nécessaire !
Inspirée d’un fait-divers, la pièce de théâtre Michelle, doit-on t’en vouloir d’avoir fait un selfie à Auschwitz ? raconte l’histoire d’une adolescente qui se prend en photo devant un camp de concentration, sourire aux lèvres. Elle poste cette image sur Internet et en découle une vague de commentaires insultants. On suit pendant une heure les répercussions de ce selfie sur la vie de Michelle à travers différents points de vue, ce qui amène bon nombre d’interrogations concernant les adolescents et leur rapport à l’image, le partage sur les réseaux sociaux.
Rédaction Côté Brest, 11-2017


















